Louise Violet (2024)
1889, à la sortie du bagne où elle a été envoyée 10 ans, la normalienne Louise Violet est nommée institutrice dans un village très reculé de la campagne française. A peine arrivée, elle découvre que personne ne l'attend vraiment : elle n'a ni logement, ni bâtiment pour faire la classe. De surcroit, les parents voient d'un mauvais œil le fait d'envoyer leur enfants à l'école car ils sont leur main d'oeuvre aux champs, à la lessive ou aux travaux de cuisine.
Mon avis et un peu de révélations
Mercredi dernier je suis allée voir ce très joli film, parfois un peu lent dans la réalisation, mais aux paysages superbes, filmés à chaque saisons dans la région de Saint-André-de-Chalencon (voir photos, source Wikipédia).
Cette femme meurtrie (elle a perdu sa famille pendant la commune et fut envoyée au bagne pour avoir voulu photographier le mouvement d'insurrection) n'a plus rien à perdre. Elle n'hésite pas à s'installer dans l'étable à côté d'une vache. Et accepte de parcourir la commune à l'habitat très dispersé pour expliquer aux familles l'importance de l'éducation pour "avoir le choix de son avenir". Bien sûr, envoyer son enfant à l'école signifie se passer de lui pour le travail qu'ils avaient l'habitude de faire (et que certains pays font).
Un film qui rend la part belle à l'éducation, celle que j'ai connue : celle du respect des personnes et des règles, de l'apprentissage et de l'amour de s'élever soi-même. Je me demande à quel moment tout à vriller pour en arriver là où nous sommes c'est à dire à la sauvagerie en classe.
Il y a aussi quelques aphorismes de bon aloi :
Ce n'est pas parce qu'une loi est faite qu'elle est applicable immédiatement. (de mémoire)
En effet, Jules Ferry rend obligatoire l'école mais ne donne aucun moyen pour rendre cela possible ! Pas de budget pour construire une école, une maison pour l'instituteur, pour les fournitures scolaires etc... J'ai bien souri car on pourrait évidemment transposer de nombreuses réflexions idéologiques de nos jours.
Très bien aussi le moment où le maire apprend à Louise qu'avec son poste d'institutrice elle cumule aussi le rôle de secrétaire de marie, de bedeau et de fossoyeur. J'ai moins aimé la romance qui s'installe entre le maire et l'institutrice : il lui offre un toit en échange du mariage mais elle ne veut plus se consacrer qu'à son métier.
A voir !
Ma note : 4/5
film vu le 20 novembre 2024


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