Ce que mes yeux ont vu (2007)
Lucie (Sylvie Testud) prépare une thèse d'histoire de l'art sur Watteau et les femmes, en particulier l'un de ses modèles qu'elle suppose être Charlotte Desmares, une comédienne de la Comédie Française et qui est représentée dans de nombreux tableaux mais toujours de dos. Son sujet d'étude intéresse son directeur de thèse, le professeur Dussart (Jean-Pierre Marielle), qui la pousse à trouver plus de preuves dans sa quête et surtout de ne pas perdre le fil de la vie réelle, car lui même s'est engagé autrefois dans l'étude de la peinture de Watteau et le théâtre.
Vincent (James Thiérrée), un jeune homme muet qui exécute ses performances de mime devant les fenêtres du magasin où elle travaille pour gagner sa vie, l'intéresse par son allure tel un pierrot moderne. Ils font connaissance dans un café, il lui parle de son attirance pour la Bièvre qui coule sous les dalles de Paris et que l'on peut maintenant uniquement apercevoir sous une plaque de caniveau depuis qu'elle a été enfouie.
Dans ses recherches, Lucie découvre que Watteau incluait beaucoup d'éléments architecturaux dans ses tableaux, indiquant ainsi son point d'observation. Puis, par hasard, Lucie découvre un tableau sur une ancienne photo chiffonnée que Vincent lui remet (emballée dans du plastique) montrant un groupe d'enfants (dont lui plus jeune) photographiés avec en arrière-plan un tableau qui semble de la même veine que ceux de Watteau. Le tableau était accroché dans le hall de l'institut Valadier (qu'on suppose être un institut pour orphelins muets). Cherchant à en savoir plus sur le tableau et son auteur qui serait Openor, un contemporain qui aurait pu être en contact avec Watteau, Lucie poursuit sa quête en cherchant à entrer en possession du tableau.
Avis
J'ai trouvé ce film plutôt hermétique dans sa narration : autant la recherche de Lucie est intéressante, autant la présence de Vincent et ses interventions loufoques semblent tirée par les cheveux. Si j'ai apprécié le thème de l'identification, de l'observation, l'envie de comprendre la genèse et le sens d'une peinture, j'ai été moins convaincue par les explications données par Lucie lorsqu'elle entre en possession du tableau d'Openor qui recouvre en réalité une oeuvre inconnue de Watteau où la fameuse comédienne apparait cette fois de face. Puis l'explication finale par Lucie qui conclut que Watteau amoureux de Charlotte mais sans retour, a décidé d'effacer le visage de la jeune femme de ses oeuvres pour ne garder d'elle que son dos arrive comme un coup de théâtre au moment où Vincent est victime d'une embolie après son AVC.
Le film reste mystérieux, parfois effrayant et allégorique : le Pierrot blanc de Watteau, le corps du père alpiniste jamais retrouvé "recouvert de neige", Vincent qui se saupoudre de sucre pour entrer en scène. Le film m'a semblé être comme un puzzle, avec des morceaux découpés comme les bouts de copies de tableaux que Lucie replace dans les photos des bâtiments.
Mais j'ai apprécié le revoir car il traite aussi d'autres sujets comme le travestissement, la quête d'identité, la nécessité de dévoiler ce qui est caché, la précarité des étudiants (Lucie est obligée de demander à sa mère de l'aider à payer son loyer).
Film français réalisé par Laurent de Bartillat
Année de sortie en 2007
durée 1h20
Genre : énigmatique
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